Retour des trois concerts avec Festen dans la Drôme et en Ardèche les 31 juillet, 1er et 2 août. Le premier soir en plein air au festival Crest Jazz Vocal, un concert particulièrement émouvant pour moi puisque ce fut un retour aux sources. Une région que je connais bien pour y avoir grandi, une ville dans laquelle j’ai pris des cours de piano jazz étant adolescent, un festival dans lequel j’ai passé du temps dans mon enfance et où j’ai pu assister à de nombreux concerts et rencontres (lire l’article). La balance ne fut pas facile entre le soleil brûlant et les bourrasques violentes qui transportaient la poussière, cela me rappela le moment où Diana Krall pesta contre le vent lors de son concert sur cette même scène en 1998. Heureusement des conditions fantastiques furent réunies à l’heure de notre concert : le soleil se coucha, le vent faiblit progressivement, l’air tiédit agréablement, la tour de Crest s’illumina, les Trois Becs et Roche Colombe devinrent des silhouettes sombres et bienveillantes. L’acoustique sur scène était excellente, ce qui n’est pas toujours évident pour les concerts amplifiés en extérieur où le son part dans tous les sens sans rebondir. Nous étions prêts et ce fut une magnifique soirée. Photos © Philippe Périé.

Festen en concert au festival Crest Jazz VocalFesten en concert au festival Crest Jazz Vocal

Le deuxième soir se passa dans un contexte complètement différent. Nous avons pris la route et emprunté la sinueuse Côte du Pin entre Saint-Peray et Lamastre pour arriver dans le hameau perché de Coudiol. J’ai été accueilli plusieurs fois dans cet endroit inspirant pour faire des concerts privés avec différentes formations, mais jamais avec Festen. C’est toujours un grand plaisir de jouer dans des cadres intimistes et en acoustique, ici dans un salon ouvert en L vers la terrasse plongeant sur l'Ardèche, avec le piano quart-de-queue faisant l’angle de cette ouverture. Nous jouons un set aménagé qui mélange le répertoire du dernier album Inside Stanley Kubrick avec d’anciens morceaux. 

Coudiol, Ardèche

Le troisième et dernier concert se déroula au théâtre du Bisse à Mirmande, un lieu habituel pour moi, mais qui là encore n’avait jamais vu passer le quartet Festen. Tous les ans depuis 2005, le théâtre du Bisse - ainsi que la Grande Maison située juste à côté - me permet d’expérimenter différentes formations et différents répertoires. Solo, duo, trio, quartet ou création avec le Quatuor à Cordes de Mirmande. Comme à Coudiol nous jouons en acoustique et nous adaptons le répertoire à la pièce. Pendant notre installation, nous avons l'idée de tenter une nouvelle disposition en nous plaçant en cercle au milieu de la pièce, l’un en face de l’autre, avec le public tout autour. Nous avions déjà voulu tester ce placement au Studio de l’Ermitage à Paris, une salle qui pourrait bien s’y prêter, sans pouvoir le mettre en pratique. L’expérience ici fut convaincante et nous espérons la renouveler bientôt.

Festen en concert au théâtre du Bisse à Mirmande

Souvenir de 2008 lors de notre passage en trio dans ce même théâtre. Dessin de Solène.

Dessin de Solène au théâtre du Bisse